En France, qui se détourne du vin ?

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Le chiffre est éloquent. Entre 2023 et 2025, la consommation de vins tranquilles chez les jeunes de moins de 35 ans a baissé de 15 %, contre 3,6 % pour l'ensemble de la population sur la même période. Ces statistiques de FranceAgriMer, le service d'études économiques du ministère de l'Agriculture, ont été calculées sur la base des ventes en grande distribution.

Un désintérêt qui devrait alerter la filière. Car la tendance est nette, avec une consommation des jeunes faiblissant : 6,2 bouteilles achetées en moyenne par an en 2025 contre 7,3 en 2023.

Cette baisse importante est aussi observée dans une autre tranche d'âges, les 50-65 ans : 12 % entre 2023 et 2025. Alors qu'elle n'est que de 6,7 % pour les 65 ans et plus, et de 7,5 % chez les 35-49 ans. L'étude ne donne pas d'explication sur ces différences par tranche d'âges, mais elles interpellent et méritent de s'y pencher sérieusement.

LES ROUGES PLUS TOUCHÉS

D'autant que si l'on regarde l'évolution de la consommation en France depuis 2000, elle est passée de 34,5 millions d'hectolitres à 22 millions, soit une baisse de 36 % en 25 ans (moyenne de 1,44 % par an). Et la consommation a baissé de plus de 10 % en seulement six ans (2019- 2025), soit 1,66 % par an. Selon l'étude de FranceAgriMer, cette baisse de consommation s'illustre dans tous les canaux de distribution (cavistes, grande distribution, vente directe, vendeurs en ligne). L'autre enseignement de cette étude est la chute des ventes de vins rouges (-13,12 % en volume sur trois ans), alors que les blancs progressent légèrement.

Un autre chiffre apporte un éclairage intéressant, celui des importations de vins. Entre 2020 et 2025, les volumes importés sont passés de 3,6 millions d'hectolitres à 2,4 millions. Soit une baisse de plus de 32 %. Principale victime de cette désaffection : les vins en vrac venus d'Espagne. Ces vins d'entrée de gamme vendus en cubitainers et sans indication géographique n'intéressent plus les consommateurs. En revanche, le proscecco poursuit sa formidable progression (+30% entre 2023 et 2025) et devient le premier vin italien importé en France (47 % des volumes des vins de la Péninsule). Un vin qui trouve son public, notamment auprès des jeunes consommateurs.

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