Primeurs de Bordeaux : 2025, le grand millésime des bonnes affaires

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Chaque année, à la sortie des primeurs, chacun se demande si ce millésime est réellement une bonne affaire, s’il est intéressant de miser dessus. Il fut un temps où les bordeaux étaient devenus des produits spéculatifs, à tel point qu’aujourd’hui encore, les crus classés ont du mal à sortir de cette image de placement en cave.

Or, les derniers millésimes, le détournement des clients vers d’autres régions viticoles, ont poussé les châteaux, même les plus grands, vers une crise profonde, systémique dont il est difficile aujourd’hui de trouver d’estimer la sortie.

Primeurs 2025 : un millésime de qualité et une variation de prix limitée

Mais c’est aussi dans ces moments-là que l’on mesure à quel point Bordeaux a changé. Les vins n’ont jamais été aussi bons, aussi plaisants à découvrir et à boire, même jeunes. On le dit depuis longtemps : allez redécouvrir Bordeaux, vous serez surpris par la dynamique, l’évolution des styles et la cohérence de ce vignoble. Bordeaux a fait sa mue.

Mais il restait encore un point où ce vignoble, notamment les crus classés les plus chers, avait du mal à se remettre en cause, c’était sur le prix de ses vins. Certes ils baissent depuis quelques années, mais c’était plus lié à la qualité du millésime qu’à une volonté de se remettre en phase avec le marché.

La crise passant par-là, l’heure n’est plus à proposer de grandes variations de prix d’un millésime à l’autre, aussi bon soit-il. Et 2025 en est une très belle illustration. Très bien né, rare, car les rendements ont été très faibles, ce 2025, s'il était sorti quinze ans plus tôt, aurait dû enregistrer une hausse de 40 ou 50% chez les premiers crus classés. Or, plusieurs domaines ont choisi de ne pas faire varier leur prix, par rapport à 2024 (Cos d’Estournel, Pontet Canet, l’Evangile…), qui avait déjà bien baissé. Et la plupart se contente d’une hausse de 5 à 10%.

Si bien qu’aujourd’hui, nous sommes face à un grand millésime vendu bien moins cher que les 2022, 2021, 2020 ou 2010. Voire, au même prix que des petits millésimes comme 2014, 2012, même chez les plus grands. Pavie qui sort cette année à 216€ TTC (+12% par rapport à 2024), n’a pas vu un prix pareil depuis 2011. En 2022 il était à 420 €. Pour Mouton-Rothschild 2025 sorti à 423,60 € TTC (+ 18% par rapport à 2024), il faut remonter à 2014 pour trouver un millésime moins cher, alors qu’en 2022, il était vendu 732 €. Grand-Puy Lacoste à 52,80 € (+5% par rapport à 2024), se vend au même prix que le 2011.

Le millésime des bonnes affaires

Dans ce contexte si particulier de sortie du millésime 2025, Bordeaux est dans la nécessité de contenir ses prix. Et de facto, il est en train de transformer son modèle, en abandonnant la dimension spéculative de ses vins au profit de vraies belles affaires. Ce qui devrait séduire aussi bien les importateurs, que les amateurs.

Incontestablement, le 2025 est déjà une très belle affaire. Les plus attentifs ont commencé à passer commande chez les négociants et vendeurs en ligne. Et pour ceux qui souhaitent retrouver le chemin de Bordeaux, c’est le millésime qu’il ne faut pas louper pour remplir sa cave.

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